Une découverte qui a bouleversé la recherche historique
En 1912, des bergers d’un petit village de l’actuelle Ukraine ignoraient totalement qu’ils marchaient au-dessus de l’un des plus grands trésors archéologiques d’Europe. Lorsque le vent souffla le sable des dunes, une extraordinaire collection d’objets en or et en argent apparut à la lumière du jour — une trouvaille qui transforma la compréhension des chercheurs sur le VIIe siècle et les origines de la Grande Bulgarie.
Pendant longtemps, les archéologues pensaient qu’il s’agissait simplement d’un dépôt dissimulé en période de troubles. Des études ultérieures révélèrent pourtant que le site de Mala Pereshchepyna était en réalité une tombe princière exceptionnellement bien préservée, restée intacte pendant plus de 1 200 ans.
La richesse de cette sépulture surpasse pratiquement toutes les autres tombes connues de la même époque en Europe.
Parmi les éléments découverts, on comptait notamment :
- Plus de 800 objets en or et en argent.
- Un service de table complet fabriqué en métaux précieux.
- Une épée au fourreau serti d’or, ainsi que de somptueux bijoux.
- Environ 25 kg d’or pur et 50 kg d’argent.
Des symboles de pouvoir enfouis sous le sable
Les objets mis au jour révélèrent un mélange remarquable de cultures. Aux côtés des créations artistiques propres aux peuples des steppes, les archéologues exhumèrent des objets de luxe provenant de l’Empire byzantin et de la Perse sassanide.
Parmi les pièces les plus saisissantes figuraient :
- Un plat en argent orné du portrait du roi Shapur II.
- De précieux bracelets byzantins d’une facture exquise.
- Deux anneaux en or portant des monogrammes grecs.
Les inscriptions gravées sur ces anneaux furent interprétées comme le nom Kubrat (Kovrat). Ce détail devint la preuve décisive que la tombe appartenait au légendaire souverain fondateur de la Grande Bulgarie.
Un symbole de reconnaissance impériale
Pour les archéologues, les insignes byzantins étaient bien plus que de simples cadeaux précieux. On découvrit notamment une lourde boucle de ceinture en or de près d’un demi-kilo — symbole du rang le plus élevé à la cour impériale.
Les sources historiques indiquent que Kubrat reçut le titre de patricius directement des mains de l’empereur byzantin Héraclius à Constantinople.
Qui était le Khan Kubrat ?
Kubrat est considéré comme l’un des souverains les plus importants des Proto-Bulgares. Il grandit à la cour de Constantinople, où plusieurs sources historiques affirment qu’il fut baptisé dans la foi chrétienne.
Vers l’an 635, il parvint à unifier les tribus proto-bulgares et à les libérer de la domination avare. Naquit alors la Grande Bulgarie, qui devint rapidement l’une des puissances majeures des steppes au nord de la mer Noire.
Pourquoi cette découverte reste-t-elle importante aujourd’hui ?
Le trésor de Mala Pereshchepyna offre aux chercheurs une fenêtre unique sur la rapidité avec laquelle les élites nomades s’intégrèrent à la culture et à la diplomatie méditerranéennes. Il démontre que les dirigeants de l’époque n’étaient pas de simples guerriers, mais aussi d’habiles diplomates entretenant des liens avec plusieurs grandes puissances.
Ce trésor documente notamment :
- L’alliance étroite entre les Bulgares et l’Empire byzantin.
- L’existence d’une organisation militaire et politique d’une grande sophistication.
- Un pan central du patrimoine historique et national bulgare.
Le trésor est aujourd’hui conservé à l’Ermitage
L’intégralité du trésor est aujourd’hui exposée au musée de l’Ermitage à Saint-Pétersbourg. Plusieurs objets retrouvés dans la tombe arborent des symboles chrétiens, ce qui laisse penser que l’élite bulgare entretenait des liens avec le christianisme bien plus profonds qu’on ne l’avait supposé jusqu’alors.
Questions fréquemment posées
Où a été découvert le trésor de Kubrat ?
Le trésor fut mis au jour par hasard en 1912, près du village de Mala Pereshchepyna, non loin de Poltava, dans l’actuelle Ukraine.
Que contenait ce trésor ?
La découverte comprenait environ 75 kg de métaux précieux, dont des anneaux en or portant le monogramme de Kubrat, des récipients byzantins, une épée au fourreau serti d’or et des ceintures de cérémonie.
Le Khan Kubrat était-il chrétien ?
Tout porte à le croire. Il passa son enfance à la cour de Constantinople, où il fut vraisemblablement baptisé, et plusieurs objets de sa tombe sont décorés de symboles chrétiens.













